
Non, non, il ne s’agit pas là d’un exercice de politique fiction sans fondement analysant l’hypothétique arrivée au pouvoir du fantomatique patron du modem (je le mets en minuscules parce qu’honnêtement aujourd’hui ça mérite pas plus).
Je veux en fait parler d’un ancien Président français, mais si rappelez-vous le grand type dégarni qui jouait au foot à la campagne (et pendant…). Valery Giscard d’Estaing donc, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, patron de l’UDF (mais si l’ancêtre du Modem !) au pouvoir de 1974 à 1981 (je sais ça ne rajeunit personne), fut à mon sens un grand chef d’état. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler deux ou trois petites choses :
_ Tout d’abord, à une époque où l’on nous explique que les politiques ne peuvent rien pour la croissance car la conjoncture économique n’est pas favorable, souvenons nous que sous Giscard, et avec un Premier Ministre nommé Raymond Barre, malgré deux chocs pétroliers la France affichait la deuxième croissance mondiale derrière les intouchables japonais (et surtout devant tous les autres, américains en tête).
_ Ensuite, quand la principale préoccupation des Français est la baisse du pouvoir d’achat, constatons ensemble que pendant que VGE était locataire de l’Elysée la France affichait le deuxième taux mondial d’augmentation du pouvoir d’achat. Là encore derrière le Japon.
_ Enfin, souvenons nous que tout cela n’avait rien à voir avec une conjoncture particulièrement favorable. A moins de qualifier de favorable une hausse soudaine et monumentale des cours du pétrole (ça ne vous rappelle rien ?). Non, ce résultat est le fruit d’une politique particulièrement volontariste dans le domaine économique (tout ça sans massacrer le Code du Travail !) et d’un pilotage actif et permanent de ce domaine par deux brillants économistes, Messieurs Giscard et Barre (alors à Matignon et dont les écrits trônaient en bonne place dans toutes les écoles d’économie).
Tiens allez, si on ajoute pour faire bonne mesure la majorité à dix-huit ans, la mise en place d’un couple franco-allemand moteur en Europe (avec le Chancelier allemand de l’époque : Helmut Schmidt), le droit à l’avortement et celui à la contraception, vous avouerez qu’on tient là un bilan unique sous la Vème République. Je ne parle même pas du lancement de l’étude sur le TGV, on me jugerait partial ! Mais je tiens encore à rappeler la Loi Informatique et Libertée car celle-ci nous concerne plus que jamais au quotidien. Et pour le reste un petit coup d’œil ici devrait finir de vous éclairer.
La conclusion à tirer est alors double : d’abord Giscard fut bien un grand homme d’état, ensuite, même quand la conjoncture économique mondiale est difficile, il est possible lorsque l’on est au pouvoir d’influer de façon majeure sur le développement économique et social d’un pays (et qui plus est sans dynamiter l’Union Européenne voire même en la renforçant).
Un passé pas si vieux ( ou alors je suis moins jeune que je ne le crois) qui devrait faire réfléchir un peu les amuseurs aujourd’hui en place et qui brament à qui veut l’entendre qu’ils sont pieds et poings liés, soumis aux caprices de la mondialisation et des gourous boursiers…