Bon, je ne vais pas parler du fond du documentaire diffusé : “Le monde selon Monsanto” de Marie-Dominique ROBIN. tout est dans cette enquête (fortement à charge il faut le reconnaitre, mais peut-on faire autrement ?), regardez et faites-vous une idée.

Par contre je voudrais revenir sur un élément qui m’a (presque) autant marqué que le propos, je veux parler de la forme, de la mise en scène de la journaliste et de son travail. Je m’explique : que la journaliste soit à l’écran, seule, le tiers du temps, pourquoi pas. Après tout c’est un bon contrepoids à l’absence chronique des journalistes d’investigation sur les écrans (ou alors c’est une question d’égo mais, après tout, ça se respecte aussi comme démarche et puis c’est humain). Là où je commence à m’interroger plus sérieusement, c’est quand chaque séquence est introduite par une longue séance de Google searching

Parce que là de deux choses l’une, soit la journaliste a effectivement basé son enquête sur la première page de résultats de Google et ça laisse rêveur quant à la fiabilité du résultat, soit c’est un effet de narration et ça véhicule deux messages. Le premier, et c’est tellement évident qu’il était superflu d’en faire autant, c’est que l’internet en générale, et Google en particulier se nichent désormais dans tous les recoins de notre vie quotidienne (comme Monsanto tiens…). Le second est plus dérangeant…

Effectivement, ce choix de narration met en évidence une chose essentielle dans l’évolution des médias d’information : les journalistes deviennent des compilateurs, leur matière première ce n’est pas l’enquête, c’est l’info diffusée par d’autre sur le net. Le journaliste moderne travaillerait-il uniquement sur de l’information de deuxième main ? Et accessoirement, si un journaliste peut faire une enquête en se basant sur Google, le corolaire immédiat c’est que nous pouvons tous, individuellement, prétendre devenir des journalistes tout à fait valables.

Alors vous je sais pas (mais les commentaires servent à ça) mais moi je me demande si c’est devenu si facile de faire du journalisme d’investigation. En fait je pencherais volontiers pour l’idée que ce n’est pas aussi simple que d’aligner trois clics dans un moteur de recherche mais que les journalistes d’investigation, les vrais (voir içi pour une illustration du propos) se font de plus en plus rares.

Plus que jamais il nous faut être vigilants, et nous montrer méfiants vis à vis des images dont nous sommes abreuvés quotidiennement. Et apprendre à les lires…